ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI  
ARTICLE ORIGINAL  
Variation saisonnière de la prééclampsie au Centre Hospitalier Universitaire de la Mère  
et de lEnfant de NDjaména de 2020 à 2023  
Seasonal variation of preeclampsia at the Centre Hospitalier Universitaire de la Mère et  
de lEnfant de NDjaména from 2020 to 2023  
Sadjoli Damthéou1,2, Khéba Foba1,2, Lodoum Mekoulnodji1, Bealoum Mangtaryanouba1, Abdel Salam Saleh1,2,  
Allahrene Noudjalbaye1, Khadidja Ngartoubam3 Mahamat Moll Tcheguena1, David Tchissiemsi Yerima Keda1,  
Chérif Hawaye1,2, Djibdouna Kanbel1, Alhadji Chêne Mahamat1, Lhagadang Foumsou1,2, Abdoulaye Sépou1,4  
1. Université de NDjamena, Faculté des sciences de la santé humaine.  
2. Centre Hospitalier Universitaire de la Mère et de lenfant de NDjaména  
3. Centre National de Traitement des Fistules, de NDjaména  
4. Université de Bangui  
Auteur correspondant : DAMTHEOU Sadjoli, Coordonnateur du DES de Gynécologue-Obstétrique à  
lUniversité de NDjamena. Tel. +235 68791102, E-mail : damsadjol@gmail.com  
Reçu le 09/02/2024 ; Accepté 20/03/2024  
RESUME  
saison sèche. Le traitement antihypertenseur a été  
administré à toutes les patientes. La grossesse a été  
interrompue dans 91,80% des cas. La césarienne a été  
pratiquée dans 58,31% des cas. Les complications  
maternelles étaient dominées par l’état de mal  
éclamptique (31,15%) et celles fœtales par l’asphyxie  
fœtale aigue (15,93%). Nous avons enregistré 7 décès  
maternels, soit une létalité de 1,64% et 51 décès intra-  
utero ou intrapartum.  
Introduction : La pré éclampsie est caractérisée par  
une hypertension associée  
à
une protéinurie  
apparaissant après la 20e SA. Des facteurs saisonniers  
et climatiques semblent impliqués dans sa survenue. Le  
but de ce travail était d’évaluer l’influence de la  
variation saisonnière sur la prévalence de la pré  
éclampsie.  
Objectif  
:
Evaluer l’influence de la variation  
saisonnière sur la prévalence de la pré-éclampsie chez  
les femmes enceintes admises à au centre hospitalier et  
universitaire de la mère et de l’enfant.  
Conclusion : La pré éclampsie est caractérisée par une  
hypertension associée à une protéinurie apparaissant  
après la 20e SA. Des facteurs saisonniers et climatiques  
semblent impliqués dans sa survenue. Le but de ce  
travail était d’évaluer l’influence de la variation  
saisonnière sur la prévalence de la pré éclampsie.  
Mots clés : Prééclampsie, variation saisonnière,  
humidité, précipitations, température.  
Patientes et méthodes : Il s’agissait d’une transversale  
à visée descriptive avec recueil des données rétrospectif  
menée au CHU de la Mère et de l’Enfant de  
N’Djaména. Elle s’était étalée sur une période de 4ans,  
allant de janvier 2021 à décembre 2023. Etaient  
incluses dans l’étude toutes les gestantes ou  
parturientes ayant développé une prééclampsie. Les  
variables étudiées étaient d’ordre épidémiologique,  
clinique, thérapeutique et pronostic. Les données  
recueillies ont été saisies et analysées grâce au logiciel  
Word et Excel 2013.  
Résultats : Sur un total de 29176 gestantes et  
parturientes vues au service de gynécologie-  
obstétrique, nous avons colligé 427 cas prééclampsie,  
soit une prévalence hospitalière de 1,46 %. Les  
patientes jeunes (< 25 ans) étaient les plus représentées  
(55,97%). Les primipares représentaient 48,71% des  
patientes. Elles n’avaient aucun niveau d’instruction  
dans 41,22% des cas, ménagères dans 79,16%, mariées  
dans 94,15%, avaient eu au moins 4 contacts de suivi  
prénatal dans 51,29% et résidaient à N’Djamena dans  
79,86% des cas. Les patientes référées étaient  
majoritaires, 57,85%. La PE de novo était la plus  
fréquente, 94,15%. La forme sévère de la PE était  
retrouvée dans 72,13%. La prévalence de la PE pendant  
la saison de pluie était de 66,51%, contre 33,89% en  
ABSTRACT  
Introduction: Preeclampsia is characterized by  
hypertension associated with proteinuria occurring  
after 20 weeks of gestation. Seasonal and climatic  
factors appear to be involved in its occurrence. The aim  
of this study was to assess the influence of seasonal  
variation on the prevalence of preeclampsia.  
Objective: To evaluate the influence of seasonal  
variation on the prevalence of preeclampsia among  
pregnant women admitted to the Mother and Child  
University Hospital.  
Patients and methods: This was a descriptive cross-  
sectional study with retrospective data collection  
conducted at the Mother and Child University Hospital  
of N’Djamena. The study covered a four-year period,  
from January 2021 to December 2024. All pregnant or  
parturient women who developed preeclampsia were  
included. The variables studied were epidemiological,  
clinical, therapeutic, and prognostic. Data were entered  
and analyzed using Word and Excel 2013 software.  
Série D, VOL 10, N°001/Avril 2024 - 13  
ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI  
Results: Out of a total of 29,176 pregnant and  
was terminated in 91.80% of cases, and cesarean  
section was performed in 58.31%. Maternal  
complications were mainly dominated by status  
epilepticus (31.15%), while fetal complications were  
mainly acute fetal asphyxia (15.93%). Seven maternal  
deaths were recorded, corresponding to a case fatality  
rate of 1.64%, and 51 intrauterine or intrapartum fetal  
deaths.  
Conclusion: Preeclampsia is characterized by  
hypertension associated with proteinuria occurring  
after 20 weeks of gestation. Seasonal and climatic  
factors appear to play a role in its occurrence. This  
study aimed to evaluate the influence of seasonal  
variation on the prevalence of preeclampsia.  
parturient women seen in the gynecology-obstetrics  
department, 427 cases of preeclampsia were recorded,  
corresponding to a hospital prevalence of 1.46%.  
Young women (<25 years) were the most represented  
(55.97%). Primiparous women accounted for 48.71%  
of cases. Patients had no level of education in 41.22%  
of cases, were housewives in 79.16%, married in  
94.15%, had attended at least four antenatal care visits  
in 51.29%, and resided in N’Djamena in 79.86% of  
cases. Referred patients were predominant (57.85%).  
De novo preeclampsia was the most frequent form  
(94.15%). Severe preeclampsia was observed in  
72.13% of cases. The prevalence of preeclampsia  
during the rainy season was 66.51%, compared with  
33.89% during the dry season. Antihypertensive  
treatment was administered to all patients. Pregnancy  
Keywords:  
Preeclampsia,  
seasonal  
variation,  
humidity, rainfall, temperature.  
INTRODUCTION  
PATIENTES ET METHODES  
La Prééclampsie (PE) est l’apparition ou l’aggravation  
d’une hypertension artérielle (HTA) existante avec une  
Il s’est agi d’une étude transversale avec recueil  
rétrospectif des données. Elle s’était étalée sur une  
période de 4 ans, allant du 1er janvier 2020 au 31  
décembre 2023. La population d’étude était constituée  
des gestantes et parturientes vues à la maternité ou aux  
urgences du CHUME. Ont été incluses dans notre étude  
les gestantes dont l’âge de la grossesse était d’au moins  
20 SA et présentant une prééclampsie (TA ≥ 140/90,  
associée à une protéinurie de 24 heures > 0,3 g ou ≥ à  
++ à la bandelette urinaire). Nous avons procédé à un  
échantillonnage de type exhaustif. Les variables  
étudiées étaient sociodémographiques, cliniques,  
protéinurie  
significative  
après  
20  
semaines  
d’aménorrhée (SA) [1,2]. Son évolution peut se faire  
vers l’éclampsie qui est caractérisée par des crises  
comitiales généralisées. Le diagnostic de la PE repose  
sur la mesure de la tension artérielle (TA) ≥ 140/90  
mmHg, la présence des protéines dans les urines et  
l’existence de lésions des organes cibles [2]. La PE est  
la 3ème cause de mortalité maternelle dans le monde  
après les hémorragies sévères et les infections [3]. La  
fréquence de la PE sévère était de 2,9% à N’Djamena  
en 2022 [4]. La physiopathologie de la PE et de  
l’éclampsie est encore peu comprise. Dans certains cas  
au début de la grossesse, la vascularisation du placenta  
ne se développe pas bien entrainant des perturbations  
[5]. Les facteurs incriminés comprennent des artérioles  
placentaires et utérines spiralées mal développées, une  
anomalie génétique, des anomalies immunologiques et  
une ischémie ou un infarctus placentaire [2]. Si sa  
physiopathologie est actuellement mieux expliquée, du  
côté maternel, son étiologie demeure moins élucidée  
[2,4]. L’HTA chronique, l’obésité et l’anémie sévère  
sont les facteurs de risque les plus élevées de PE et de  
l’éclampsie [6]. Sosthène et al. ont trouvé comme  
principaux facteurs de risque de l’éclampsie l’âge  
maternel jeune, en dessous de 19 ans, la primiparité et  
l’insuffisance du nombre de contacts pour le suivi  
médical, soit moins de 2 visites prénatales [7]. Certains  
groupes ethniques (femmes Afro-américaines et  
Philippines) et le statut socioéconomique faible sont  
aussi associés à un risque accru [3]. Des facteurs  
physiques, tels que le climat, ont le potentiel d’induire  
la PE et suggèrent une corrélation entre la variation  
saisonnière et la prévalence de la PE [8,9]. À Mumbai,  
Subramaniam a trouvé une incidence significativement  
élevée de l’éclampsie pendant la mousson, quand le  
temps est plus frais et humide [10]. Les données sur les  
interrelations PE et saisons n’étant pas disponible, nous  
avions réalisé cette étude pour rechercher une  
éventuelle corrélation entre les saisons et la prévalence  
de la PE au CHUME de N’Djamena.  
thérapeutiques et pronostiques. Les  
variables  
qualitatives ont été exprimées en pourcentage (valeur  
relative) et les variables quantitatives en moyenne  
(valeur absolue). Nous avons fait ressortir le nombre  
mensuel de cas de PE et rapporté aux saisons. Les  
données météorologiques et géographiques sur le  
changement saisonnier nous ont été fournies par  
l’Agence National de Météorologique de Ndjamena qui  
dispose des informations sur toute la ville de  
N’Djamena. Ces informations ont précisé que le Tchad  
est un pays où il y a 2 saisons : la saison sèche qui dure  
7 mois qui va de novembre à mai et la saison pluvieuse  
dont la durée est de 5 mois et couvrant les mois de juin  
à octobre. La saison pluvieuse est marquée par une  
augmentation de la précipitation qui atteint le  
maximum en août et l’installation d’une humidité qui  
suit la courbe de la précipitation (figure 1).  
Nous avons rapporté le nombre des cas de PE aux  
données météorologiques, ce qui a permis d’établir la  
prévalence mensuelle de cette affection. Les données  
ont été saisies sur logiciel Microsoft Word, Excel et  
analysées sur le logiciel SPSS.17.  
Série D, VOL 10, N°001/Avril 2024 - 14  
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revenue. Selon le statut matrimonial, 402 patientes  
(94,15%) étaient mariées. Les autres patientes  
étaient des célibataires.  
Le suivi prénatal n’était pas fait par 93 patientes  
(21,78%). Celles qui avaient eu entre 1 et 3 contacts  
représentaient 26,93% (115 patientes). Le suivi avec  
au moins 4 contacts était fait par 219 patientes  
(51,29%).  
300  
250  
200  
150  
100  
50  
Les patientes résidaient à NDjamena, zone urbaine  
dans 341 cas (79,86%). Les 86 autres patientes  
(20,14%) venaient des zones rurales.  
0
Le mode dadmission était dominé par la référence  
des centres de santé périphériques dans 247 cas  
(57,85%). Les autres étaient venues delles-mêmes.  
La classification des patientes a permis de distinguer  
25 cas de PE surajoutée, soit 5,85% et 402 cas de PE  
spontanée, soit 94,15%. Les autres formes de PE  
n’étaient pas retrouvées dans notre série.  
L’évaluation clinique de la gravité de la PE chez les  
patientes avait décelé 308 cas de forme sévère  
(72,13%) et 119 cas de forme modérée (27,87%).  
Un antécédent a été retrouvé chez 37 patientes  
(8,67%), dominé par lHTA (tableau II).  
Humidité  
Précipitation  
Température  
Figue 1 : Variation des paramètres météorologiques  
selon les mois de lannée  
RESULTATS  
Pendant la période de l’étude, nous avons enregistré  
29176 admissions en obstétrique, dont 427 cas de  
prééclampsie. La prévalence de la prééclampsie  
était de 1,46 %.  
Répartition des patientes selon les tranches d’âge :  
La moyenne d’âge était de 22,35 ans avec des  
extrêmes de 16 et 38 ans. La tranche d’âge la plus  
représentée était celle des patientes de 15 à 19 ans.  
La fréquence des primipares était de 48,71%. Dans  
41,22% des cas, les patientes navaient aucun niveau  
dinstruction (tableau I).  
Tableau II : Répartition selon les antécédents des  
patientes  
Antécédent  
HTA  
Effectif Pourcentage  
19  
8
5
4,45  
1,87  
1,17  
0,7  
PE  
Diabète gestationnel  
HTA familial  
Diabète familial  
Aucun ATCD  
3
2
390  
0,47  
91,33  
Tableau I : Répartition des patientes selon les  
tranches d’âge  
Le nombre des cas enregistrés pendant la saison  
pluvieuse était de 284 (66,51%), soit une moyenne  
mensuelle de 41 cas. Nous avions enregistré 143 cas  
(33,49%) pendant la saison sèche, soit une moyenne  
mensuelle de 29 cas (figure 2).  
Caractéristiques  
Effectif Pourcentage  
(n=427)  
Tranche d’âge  
15 à 19 ans  
20 à 24 ans  
25 à 29 ans  
30 à 34 ans  
≥ 36 ans  
126  
113  
92  
29,51  
26,46  
21,55  
12,64  
9,84  
54  
42  
80  
67  
62  
70  
60  
50  
40  
30  
20  
10  
0
Parité  
56  
53  
Primipares  
208  
54  
48,71  
12,65  
6,09  
46  
Paucipares (2-3 accouchements)  
Multipares (4 à 6  
accouchements)  
Grandes multipares (≥ 7  
accouchements)  
Niveau d’instruction  
26  
30  
139  
32,55  
27  
25  
22  
14  
13  
12  
Aucune instruction  
Niveau primaire  
Niveau secondaire  
Niveau supérieur  
176  
142  
91  
41,22  
33,26  
21,31  
4,21  
18  
Figure 2 : Nombre de cas de PE pour chaque mois  
Par rapport aux activités professionnelles, 338  
patientes (79,16%) étaient des ménagères et 89  
(20,84%) exerçaient une activité génératrice de  
Sur le plan du traitement médical, la prise en charge  
de la PE modérée était faite par lantihypertenseur à  
Série D, VOL 10, N°001/Avril 2024 - 15  
ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI  
base dAlpha méthyldopa 250 à 500 mg, par voie  
En tenant compte de l’âge et de la parité des patientes  
ayant développé une PE, les adolescentes, dune  
part, les primipares dautre part, étaient les plus  
concernées, ce qui conforme aux facteurs de risque  
retrouvés par plusieurs auteurs [11-13].  
Les patientes étaient mariées dans 94,15%, ce qui est  
le reflet de la culture Tchadienne où la grossesse hors  
mariage est mal acceptée dans la société. Ces  
patientes résidaient dans la capitale, en zone urbaine.  
Ceci sexplique par les villes Tchadiennes très  
éloignées les unes des autres, posant le problème de  
transport.  
orale, administré 2 fois par jour sans dépasser 2 g par  
jour. Dans les cas de PE sévères, les patientes étaient  
mises sous Labetalol 10 à 20 mg en IV, puis 20 à 80  
mg toutes les 30 mn, sans dépasser 300 mg. Le relais  
était assuré par la forme orale de Labetalol, 100 à  
400 mg, 2 fois par jour sans dépasser 1200 mg.  
Sur le plan obstétrical la décision dinterruption de  
la grossesse a été prise dans 392 cas (91,80%),  
laccouchement pouvant se faire par voie basse ou  
par césarienne. Les 35 autres dont la tension  
artérielle était stabilisée et les paramètres cliniques  
et biologiques normalisés avaient poursuivi leurs  
grossesses jusqu’à terme avant daccoucher par voie  
basse ou par césarienne. La césarienne a été  
Selon la forme clinique, la PE spontanée était la plus  
fréquente. La PE surajoutée était retrouvée chez  
5,85% et il ny avait pas les autres formes.  
Les patientes avaient présenté la PE sévère dans  
72,13%. Lantécédent dHTA est facteur de PE  
[12,13], ce que nous avons observé chez 6,32% des  
patientes de notre série. Ce taux est comparable au  
6% que Traoré et al ont trouvé au Mali [14] et  
pratiquée  
chez  
249  
patientes  
(58,31%).  
Laccouchement par voie basse a été réalisée dans  
178 cas (41,69%).  
Les complications maternelles étaient observées  
dans 195 cas (45,67%), dominée par l’état de mal  
éclamptique. Lasphyxie fœtale a été observée dans  
15,93% des cas (tableau III).  
inférieur  
au 16,29% de femmes connues  
hypertendues que Gaye et al ont trouvé en 2013 au  
Sénégal [15].  
Tableau III : complications maternelles et fœtales  
La courbe mensuelle des PE a montré que 66,51%  
des cas étaient enregistrés pendant la saison  
pluvieuse, tendance qui est la même que celle de  
Mutabazi et al à Kigali [16]. Nous avons donc  
rapporté linfluence des variations saisonnières sur  
la PE aux phénomènes de vasoconstriction qui  
accompagnent la baisse des températures, aux  
infections favorisées par la crue des eaux de pluies  
et à l’éclosion de certains organismes pathogènes  
quand le niveau dhumidité augmente. Dautres  
auteurs ont trouvé plus de cas de PE en saison sèche  
[17,18]. Nous avons observé une augmentation de la  
prévalence de la PE à partir du mois de mars alors  
que les niveaux de précipitation étaient encore nuls,  
les degrés de température quasiment constants et un  
niveau dhumidité en croissance. Cette prévalence  
avait connu une croissance exponentielle avec  
lapparition des précipitations qui montre des pics  
entre les mois de juillets et août quand les  
précipitations étaient les plus abondantes. En saison  
sèche, quand les niveaux de précipitation étaient  
redevenus nuls et que le degré dhumidité avait  
Complications  
Effectif Pourcentage  
Maternelles  
Etat de mal éclamptique  
Eclampsie  
133  
28  
14  
11  
9
31,15  
14,36  
7,18  
Hématome rétroplacentaire  
Hellp syndrome  
5,64  
Œdème aigu du poumon  
Aucune complication  
Fœtales  
Asphyxie fœtale  
Aucune complication  
4,61  
232  
54,33  
68  
15,93  
84,07  
359  
Le pronostic maternel était dominé par la guérison  
dans 410 cas (96,02%), la sortie sans avis médical  
dans 10 cas (2,34%) et le décès dans 7 cas (1,64%).  
Le pronostic néonatal était marqué par la naissance  
vivante dans 376 cas (88,06%) et la mort fœtale ou  
néonatale dans 51 cas (11,94%).  
DISCUSSION  
Nous avons présenté des données hospitalières qui  
comportent des risques de biais de recrutement.  
Toutefois, les informations recueillies méritent  
d’être discutées. La prévalence de la PE au cours de  
notre étude était de 1,46%. Notre résultat est  
similaire à celui de Diouf et al qui ont trouvé 1,35%  
en 2013 au Sénégal [10]. Ahmed et al ont rapporté  
7% dans la région du grand Casablanca au Maroc en  
2020 [7]. Cet écart peut sexpliquer par la différence  
entre les modes de recrutement des patientes et  
certains facteurs de la PE comme le froid, fréquent à  
Casablanca.  
baissé,  
concomitante de la prévalence de la PE.  
Sur le plan thérapeutique, presque la totalité des  
patientes ont bénéficié dun traitement  
nous  
avons  
noté  
une  
diminution  
antihypertenseur initial en IV soit 99,8%, protocole  
utilisé par Madoué et al chez toutes leurs patientes  
[19]. Le sulfate de magnésium (MgSO4) a été  
administré a été administré à 394 patientes  
(92,27%). En 2022, Foumsou et al avaient  
administré cet anticonvulsivant à 98,3% de leurs  
patientes [5]. Sagissant de la PEC obstétricale, la  
Série D, VOL 10, N°001/Avril 2024 - 16  
ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI  
region du grand Casablanca. PAMJ Clinical  
Medicine. 2020; 2:112. DOI: 10.11604/pamj-  
cm.2020.2.112.20677.  
poursuite de la grossesse na été possible que chez  
8,20% des femmes de notre échantillon. En  
privilégiant la santé de la mère, nous avions  
interrompu la grosse dans 91,80%, même dans les  
cas où le terme gestationnel ne permettant pas la  
viabilité du fœtus. Ce résultat est supérieur à celui  
de Madoué et al où linterruption de la grossesse a  
été décidée dans 63,9% [20]. Cette différence  
sexplique par les complications maternelles  
retrouvées dans notre étude qui imposaient  
lextraction fœtale. Le taux de césarienne pratiquée  
dans notre étude, 58,31%, est inférieur à celui de  
Gaye et al dont le taux est de 80,46% [18]. Cela peut  
sexpliquer par la présence de comorbidités telles  
que les dystocies qui sont des indications de  
césarienne durgence.  
8. Tottenham, R. E. Seasonal incidence of eclampsia  
in Hong-Kong. Br. Med. J. 1933;2:1067-68.  
9. Wolf HT, Owe KM, Juhl M, Hegaard HK. Leisure  
Time Physical Activity and the Risk of  
Preeclampsia: A Systematic Review. Matern.  
Child Health J. 2014;18: 899-910.  
10. Diouf AA, Diallo M, Mbaye M, Sarr SD, Faye-  
Diémé ME, Moreau JC, et al. Profil  
épidémiologique et prise en charge de l’éclampsie  
au Sénégal : à propos de 62 cas. Pan African  
Medical Journal 2013;16(1).  
DOI: 10.11604/pamj.2013.16.83.3101  
11. Merger R, Lévy J, Melchior J. Précis  
d’obstétrique, Masson, 6ème édition, Paris,  
2001:597p.  
12. Body G, Daraï E, Marès P. Gynécologie-  
Obstétrique. Collège National des Gynécologues  
et Obstétriciens Français et de la Conférence  
Nationale des PU-PH en gynécologie-obstétrique,  
Conclusion  
La pré éclampsie est une pathologie grave fréquente  
dans notre contexte qui affecte beaucoup de jeunes  
femmes gestantes surtout celles qui ne sont pas  
instruites et qui ont un faible revenu familial. Sa  
Elsevier  
Masson,  
Issy-les  
Moulineaux,  
survenue est  
influencée par les  
paramètres  
2015:596p.  
météorologiques, principalement les précipitations. Il  
existe une relation indirecte entre la variation  
saisonnière et la pré éclampsie responsable de  
complications fatales tant maternelles que fœtales.  
REFERENCES  
13. Courbière B, Carcopino X. Gynécologie  
Obstétrique, Editions Vernazobres Grego, Paris,  
2022:809p.  
14. Mutabazi L, Bazzett-Matabele L, Small M,  
Ntasumbumuyange D, Rulisa S, Magriples U.  
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in Kigali. Rwanda Medical Journal 2020;77(1);1-  
5.  
15. Elongi JP, Tandu B, Spitz B, Verdonck F.  
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prévalence de la pré-éclampsie à Kinshasa.  
Gynécologie Obstétrique & Fertilité. 2011;39  
:132-135. DOI.org/10.1016/j.gyobfe.2010.12.010.  
16. Ikeanyi M Eugene, Abasi J Isaac. Seasonal  
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eclampsia in Bayelsa State in the Niger Delta of  
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centre de santé de référence de la commune V.  
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le développement de la prééclampsie. Thèse :  
sciences cliniques. Québec  
Sherbrooke ; 2018;82p.  
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Université de  
2. Abalos E, Cuesta C, Grosso AL, Chou D, Say L:  
Global and regional estimates of preeclampsia and  
eclampsia: a systematic review. Eur J Obstet  
Gynecol  
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Série D, VOL 10, N°001/Avril 2024 - 17